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Informations sur l’œuvre

Catégorie

Estampe

Technique

Pointe sèche

Date

1901

Dimensions

53 cm x 32.3 cm

Signature

Signée en bas à gauche

Justificatif(s) d’authenticité

Elle figure dans la base de données de l'Association des Amis de Paul-César Helleu sous la référence APCH : PS1-1045. Cette pointe sèche fera partie du catalogue raisonné digital de l'artiste en cours de finalisation.

État de conservation

Très bon

Encadrement

Non

Localisation

Paris, France

Description

Paul-César Helleu est né à Vannes le 17 décembre 1859. Son père, meurt alors que son fils était tout jeune, ce qui oblige sa mère à exploiter elle-même leur domaine agricole du Morbihan. Son succès fût tel qu’elle fût la première femme à être décorée du mérite agricole. À 14 ans, Helleu est envoyé au collège Chaptal à Paris, où les études ne l’intéressent guère. Il est avant tout attiré par le dessin et il a une révélation de ce qu’est la peinture en voyant, au Salon de 1874, la toile du « Chemin de fer » de Manet.

À partir de ce moment, sa décision est prise : il veut être peintre. Il repart donc pour Paris en 1876 pour entrer à l’école des Beaux-Arts. Il est admis dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme. Il se lie rapidement avec de jeunes peintres étrangers, notamment Whistler, Sargent, Stevens, Madrazo, et O’Choa. Grâce à Raphaël O’Choa, il fait la connaissance de Monsieur et Madame Guérin, qui lui font faire le portrait de leur fille Alice qui a alors 14 ans et demi. Helleu tombe amoureux de son modèle qu’il épousera deux ans plus tard.

En 1885, il loue l’atelier d’Alphonse de Neuville et fait ses premiers essais de graveur. James Tissot lui offre une « pointe de diamant » venant d’Angleterre et que tous les graveurs lui envient. Sickert le conseille dans cette nouvelle technique et c’est lui qui mordra sa première gravure.

En 1887, Helleu reçoit la visite d’un amateur de ses pointes sèches, qui va, durant toute sa vie, rester un ami de la famille : Robert de Montesquiou. Celui-ci lui achète un lot de pointes sèches et promet de lui faire rencontrer Madame de Polignac. C’est par lui ensuite qu’Helleu sera mis en relation avec la Comtesse Greffulhe. Au printemps de 1891, la Comtesse Greffulhe demande à Helleu de venir dans son Château de Bois-Boudran pour faire son portrait en pied. Cette commande est à l’origine de la vogue que va avoir Helleu par la suite. Sargent, Stevens et Monet encensent sa production artistique. Monet l’apprécie à tel point qu’il lui demande d’être témoin à son second mariage en 1892. L’État français décide de son côté de faire l’acquisition d’une de ses pointes sèches, reconnaissant ainsi son immense talent.

En 1900, il grave le portrait de la Duchesse de Marlborough. Pour réaliser cette célèbre pointe sèche, Helleu se rend en Angleterre où, durant son séjour à Blenheim Palace, il fit de nombreux dessins et quelques autres gravures. Le style d’Helleu influence même la mode féminine et son nom devient un qualificatif. Devant tel type de femme, on dit : « c’est un Helleu », comme on dit aujourd'hui « c’est un Picasso » pour parler d’une toile abstraite.

Après de nombreux voyages aux États-Unis, à son retour en France, il continue à faire des pointes sèches, en particulier, des représentations intimes et familiales. Sa femme et ses enfants deviennent ses inspirations principales. De plus, il fit don au cabinet des estampes de la Bibliothèque Nationale, de 50 gravures en « résumé de son art ».

Pour information, les dimensions prisent en compte sont celles de la planche et non pas de la feuille dans son intégralité.

Provenance

Collection particulière française

Bibliographie

• Femina, Editions Pierre Laffite, Paris, noël 1905, n°117, p.568
• Paul Helleu peintre et graveur, Robert de Montesquiou, Editions Floury, Paris 1913, Planche VIII
• Helleu et ses portraits de la Belle Epoque, Le Figaro, 17 mai 1957
• Helleu et ses modèles, Paulette Howard-Johnston, Revue des deux Mondes, décembre 1974
• La Gazette, La gravure en 1900: Deux chroniqueurs de la femme Helleu et Legrand, Blandine Bouret, 6 avril 1984, n°14
• Paul Helleu, cat. expo., Nevill Keating pictures LTD with Spink and son LTD du 23 octobre au 2 novembre 1984, Londres
• Paul César Helleu 1859-1927, cat. expo., Musée Bonnat de Bayonne du 01/11/1990 au 15/12/1990, p.37
• Paul César Helleu 1859-1927 an exhibition of oils pastels and drypoints, cat. expo., Galerie Richard Green 09/05/1991, Londres, n°32
• Exposition à La Cohue, Paul Helleu, peintre de la Belle époque, 24 juin 1991
• BUHART (L), « Helleu portraitiste du Gotha », Point de vue, 13 juillet 1993, n°2345
• BERGERET-GOURBIN et IMHOFF, Paul Helleu 1859 - 1927, cat. expo., Honfleur - Musée Eugène Boudin (03/07 - 04/10/1993), Alençon, 1993, p.58
• Paul Helleu twenty-eight drypoints, cat. expo., Galerie Lumley Cazalet LTD (20/05 - 18/06/1999), n°17
• Grand central terminal, 100 years of a New York landmark, The New York Transit Museum, Steward, Tabori & Chang, New York, 2013, n°41 p.91
• Frédérique de Watrigant (sous la direction de), Paul-César Helleu, Paris, éditions Somogy, 2014, p.68
• Arabella Strauss, L'avant scène opéra, n°170, couverture


Paul-César Helleu

Peintre
Dessinateur
FranceNé(e) en : 1859Artiste célèbreArtiste célèbre

Le nom de Paul-César Helleu évoque une époque, et tout particulièrement une société mondaine de la fin du XIXe siècle jusqu’aux dernières années précédant la Première Guerre Mondiale en Europe, que Marcel Proust a si admirablement décrite dans ses ouvrages.

La délicatesse, le goût et son talent pour très personnel de dessinateur ont largement contribué à l’extraordinaire succès de cet artiste. Sa célébrité repose sur la représentation virtuose de jolies femmes du grand milieu parisien, mais aussi de la société internationale dominée par l’élégance anglo-saxonne.

Aujourd’hui, l’histoire de la peinture le résume à des représentations qui limitent trop son talent à la mode d’un temps, sans tenir compte de toute une partie de sa production artistique vouée à la peinture de la nature, des paysages de mer en particulier, où le raffinement s’accorde aux accents sensibles d’un véritable artiste.

Helleu est né à Vannes en 1859. Au décès de son père, inspecteur des Douanes, il est envoyé à Paris au Lycée Chaptal. En 1876, il est admis à l’École des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme, mais ce sont surtout les peintres de plein air qui l'attirent. Il se lie d’amitié avec Whistler et Sargent, puis avec Monet qu’il rencontre chez Durand-Ruel lors de la seconde Exposition Impressionniste.

Pour survivre, Helleu travaille pour le céramiste Deck pour qui il exécute des décors de plats. C’est à cette occasion qu’il fait la connaissance de Giovanni Boldini avec lequel il partagera une très longue amitié.

Avec Jacques-Émile Blanche, il partage un goût passionné pour l’Angleterre depuis un voyage à Londres en 1885. Cette même année, il fait un essai de gravure avec une pointe de diamant offerte par James Tissot.

En 1884, Madame Guérin lui commande un portrait de sa fille Alice, alors âgée de 14 ans. Il en tombe éperdument amoureux et l’épouse deux ans plus tard. Le pastel, réalisé à cette occasion, ainsi que La Gare Saint-Lazare seront présentés au Salon de 1885.

En 1886, alors qu’il a déjà été remarqué dans plusieurs expositions, il refuse avec son ami Monet de participer à la VIIIe Exposition Impressionniste malgré les sollicitations de Degas. C’est sans doute la raison pour laquelle, il n’a jamais fait partie du mouvement des Impressionnistes, ni été reconnu comme tel. L’année suivante, Robert de Montesquiou lui achète un lot de six gravures. De cette rencontre naîtra une amitié profonde avec le collectionneur qui le mettra en relation avec sa cousine, la comtesse Greffuhle. Dès cet instant, l’artiste pénètre dans la société parisienne et devient le portraitiste à la mode.

En 1893, Helleu entame une série de vitraux de cathédrales et, dès l’année suivante, il change de thème et s’attarde sur le parc de Versailles.

En 1897, il exposera au Salon du Champ de Mars ses peintures de Versailles et ses marines.

L'artiste est un novateur qui s’attire l’admiration et la curiosité de ses contemporains. En 1889, à l’inverse du goût prononcé de l’époque pour les intérieurs sombres, il fait peindre en blanc les murs de son appartement du 68 Bld Pereire, puis ceux du 45 rue Émile Ménier.

Helleu est bientôt sollicité partout : il expose à Londres en 1895 où le catalogue de l’exposition, préfacé par Edmond de Goncourt, consacre sa notoriété. Il rencontre alors Marcel Proust qui lui est présenté par Montesquiou et débute avec lui une relation profonde qui inspirera à l’auteur le personnage du peintre Elstir dans A la Recherche du Temps Perdu. Helleu gravera le portrait de Marcel Proust sur son lit de mort.

Comme Elstir, Helleu est passionné par la mer. Au plaisir du yachtman, qui passe le plus clair de son temps sur de superbes bateaux - il en possèdera quatre - le peintre découvre de nouvelles sources d’inspiration aussi bien dans les toilettes des femmes que dans ses visions de l’eau et du ciel, tantôt voilées, tantôt bleuâtres.

Le style Helleu, qui caractérise l’élégance ou le raffinement et la grâce féminine, obtient un immense succès tant à Paris qu’à Londres ou à New York où il se rend partir de 1902. Il remporte un vif succès aux Etats-Unis avec ses portraits de femmes élégantes et, en 1912, il obtient la commande du plafond du Hall de la Gare Grand Central de New York, avec le thème des signes du zodiaque : il compose une voûte étoilée, traversée d’un zodiaque aux signes d’or et voie lactée argentée.

Helleu meurt en 1927, des suites d’une opération alors qu’il projetait avec Forain une grande exposition de ses peintures.


"Le gracieux Helleu peint d'une couleur inconnue entre le délice et le bleu." Stéphane Mallarmé



Paul-César Helleu

FranceNé(e) en : 1859Artiste célèbreArtiste célèbre
Peintre
Dessinateur

Le nom de Paul-César Helleu évoque une époque, et tout particulièrement une société mondaine de la fin du XIXe siècle jusqu’aux dernières années précédant la Première Guerre Mondiale en Europe, que Marcel Proust a si admirablement décrite dans ses ouvrages.

La délicatesse, le goût et son talent pour très personnel de dessinateur ont largement contribué à l’extraordinaire succès de cet artiste. Sa célébrité repose sur la représentation virtuose de jolies femmes du grand milieu parisien, mais aussi de la société internationale dominée par l’élégance anglo-saxonne.

Aujourd’hui, l’histoire de la peinture le résume à des représentations qui limitent trop son talent à la mode d’un temps, sans tenir compte de toute une partie de sa production artistique vouée à la peinture de la nature, des paysages de mer en particulier, où le raffinement s’accorde aux accents sensibles d’un véritable artiste.

Helleu est né à Vannes en 1859. Au décès de son père, inspecteur des Douanes, il est envoyé à Paris au Lycée Chaptal. En 1876, il est admis à l’École des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme, mais ce sont surtout les peintres de plein air qui l'attirent. Il se lie d’amitié avec Whistler et Sargent, puis avec Monet qu’il rencontre chez Durand-Ruel lors de la seconde Exposition Impressionniste.

Pour survivre, Helleu travaille pour le céramiste Deck pour qui il exécute des décors de plats. C’est à cette occasion qu’il fait la connaissance de Giovanni Boldini avec lequel il partagera une très longue amitié.

Avec Jacques-Émile Blanche, il partage un goût passionné pour l’Angleterre depuis un voyage à Londres en 1885. Cette même année, il fait un essai de gravure avec une pointe de diamant offerte par James Tissot.

En 1884, Madame Guérin lui commande un portrait de sa fille Alice, alors âgée de 14 ans. Il en tombe éperdument amoureux et l’épouse deux ans plus tard. Le pastel, réalisé à cette occasion, ainsi que La Gare Saint-Lazare seront présentés au Salon de 1885.

En 1886, alors qu’il a déjà été remarqué dans plusieurs expositions, il refuse avec son ami Monet de participer à la VIIIe Exposition Impressionniste malgré les sollicitations de Degas. C’est sans doute la raison pour laquelle, il n’a jamais fait partie du mouvement des Impressionnistes, ni été reconnu comme tel. L’année suivante, Robert de Montesquiou lui achète un lot de six gravures. De cette rencontre naîtra une amitié profonde avec le collectionneur qui le mettra en relation avec sa cousine, la comtesse Greffuhle. Dès cet instant, l’artiste pénètre dans la société parisienne et devient le portraitiste à la mode.

En 1893, Helleu entame une série de vitraux de cathédrales et, dès l’année suivante, il change de thème et s’attarde sur le parc de Versailles.

En 1897, il exposera au Salon du Champ de Mars ses peintures de Versailles et ses marines.

L'artiste est un novateur qui s’attire l’admiration et la curiosité de ses contemporains. En 1889, à l’inverse du goût prononcé de l’époque pour les intérieurs sombres, il fait peindre en blanc les murs de son appartement du 68 Bld Pereire, puis ceux du 45 rue Émile Ménier.

Helleu est bientôt sollicité partout : il expose à Londres en 1895 où le catalogue de l’exposition, préfacé par Edmond de Goncourt, consacre sa notoriété. Il rencontre alors Marcel Proust qui lui est présenté par Montesquiou et débute avec lui une relation profonde qui inspirera à l’auteur le personnage du peintre Elstir dans A la Recherche du Temps Perdu. Helleu gravera le portrait de Marcel Proust sur son lit de mort.

Comme Elstir, Helleu est passionné par la mer. Au plaisir du yachtman, qui passe le plus clair de son temps sur de superbes bateaux - il en possèdera quatre - le peintre découvre de nouvelles sources d’inspiration aussi bien dans les toilettes des femmes que dans ses visions de l’eau et du ciel, tantôt voilées, tantôt bleuâtres.

Le style Helleu, qui caractérise l’élégance ou le raffinement et la grâce féminine, obtient un immense succès tant à Paris qu’à Londres ou à New York où il se rend partir de 1902. Il remporte un vif succès aux Etats-Unis avec ses portraits de femmes élégantes et, en 1912, il obtient la commande du plafond du Hall de la Gare Grand Central de New York, avec le thème des signes du zodiaque : il compose une voûte étoilée, traversée d’un zodiaque aux signes d’or et voie lactée argentée.

Helleu meurt en 1927, des suites d’une opération alors qu’il projetait avec Forain une grande exposition de ses peintures.


"Le gracieux Helleu peint d'une couleur inconnue entre le délice et le bleu." Stéphane Mallarmé