Une question ? Appelez-nous au +33 9 77 215 600

Dans l’atelier de Zokatos : artiste de l’abstraction contemporaine

Revenir au journal
Par Art Shortlist5 min
30/04/20

Véritable ambassadeur de l’expressionnisme abstrait contemporain, Zokatos est un artiste que nous avons eu la chance de rencontrer en pleine période de confinement. Nous avons décidé de lui poser quelques questions...


Bonjour Zokatos, pouvez-vous m'expliquer la signification de votre nom d'artiste ?

"Zokatos", mes parents sont portugais et comme chaque année nous allions passer nos vacances du mois d'août auprès de ma famille au Portugal. 

J'avais 4 ans et demi et lorsque nous arrivons chez les grands-parents, ils nous attendaient dehors. Sorti de la voiture, en me pinçant les joues, ma grand-mère me demanda en portugais (pour voir si je parlais la langue) "comment est-ce que tu t'appelles ?" et je ne sais pas pourquoi apparemment j'ai répondu d'un air affirmé (accent portugais) "Zoka!". 

Là, tout le monde s'est mis à rigoler et c'est resté mon surnom. Après avec le temps, adolescent, en banlieue on m'appelait souvent "le tos" diminutif de "portos". Donc je l'ai ajouté à Zoka, ce qui a donné mon nom d’artiste : Zokatos, je ne suis pas Mexicain ou Grec (rires). 

Wonderwall, Zokatos, 2020


Pouvez-vous m'en dire plus sur votre parcours ? Quand avez-vous commencé à peindre ?

Autodidacte à 100 %, je peins depuis tout petit et curieusement ça a été de l'abstrait à 90 %. Enfant, je ne dessinais pas trop de figuratif. J'aimais déjà mélanger les techniques, les couleurs, tremper les feutres ou autres dans l'eau et dessiner avec. 

Ma mère étant femme de ménage, elle avait quelques familles qui collectionnaient de l'art. Parfois, ils lui donnaient des catalogues de vente, quand je regardais ces catalogues, ça m'absorbait telle une bande dessinée pour les autres gosses. Les photos de toiles abstraites m'émerveillaient le plus, je pouvais les regarder pendant des heures. 

Je n'ai jamais arrêté, même adolescent je peignais et écrivais beaucoup. En banlieue, c'était plus rap et foot la tendance, donc j'avais un peu honte de montrer ce que je faisais vraiment. Le graffiti était présent partout j'ai toujours admiré cette puissante liberté qui est de pouvoir s'exprimer partout de façon libre. En commençant à aller à Paris, je regardais toujours ce qui se passait le long des rails et le collage sur les murs à Paris m'a vraiment plu. Au collège, je faisais des croquis de mon lettrage. C'est au lycée que j'ai commencé à montrer mes toiles à un ami qui m'a dit "tu devrais faire ça, mais avec des outils du graffiti/tag et sur les murs". Quelques heures plus tard tous les murs de la chambre étaient couverts de papiers journaux, je suis allé m'acheter des bombes, de l'encre de tag et j'ai commencé à peindre sur du papier kraft et de la nappe en papier.

Arrivé à un moment, j'avais tellement d’œuvres que paradoxalement j'ai osé aller coller ces œuvres sur les murs de Paris. Montrer au monde entier mon jardin secret. À l’époque, je signais juste « Zoka » et Facebook n'existait pas encore, c'était Myspace et Flickr. J'ai rencontré un photographe d'art de rue qui m'a dit qu'il avait déjà pris en photo pas mal de mes œuvres et qu'elles étaient sur Flickr. Je suis allé voir et il y avait pas mal de vues, mais surtout des commentaires très positifs, ça m'a super motivé. Du coup, j'ai acheté encore plus de matériel et j'ai peint encore et encore. Les galeries ont commencé à me repérer et c'est là où tout est vraiment parti. Le box de mes grands-parents est devenu mon atelier et je suis passé à des formats de plus en plus grands.


Fenêtre sur danse de météorites, Zokatos, 2019


Quelles sont vos sources d'inspirations principales ? Y-a-t-il des artistes qui vous touchent particulièrement ?

Je suis vraiment un grand amoureux de l'abstraction. J'aime la recherche de couleurs, d'équilibre, d'émotions et fusions de pigments. 

Il y a tellement d'artistes que j'aime que les citer tous serait assez long. Vassily Kandinsky, Joan Miró, Georges Mathieu, Jackson Pollock, Sam Francis et bien d’autres…


Comment définiriez-vous "l'expressionnisme abstrait contemporain" ?

Libre, émotionnel. Comme quelque chose qui attire ton regard sans savoir pourquoi. Des émotions sans explications dues à un tout, équilibre et choix des couleurs. 

À vrai dire, je vois ça plus comme de la musique visuelle, sans paroles. Une magie inexplicable.