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5 choses à savoir sur Shepard Fairey

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Par Art Shortlist4 min
09/03/21

Acteur incontournable du street art américain et international, Shepard Fairey alias Obey parvient à imposer sa signature dans les galeries d’art, les lieux culturels et sur les murs des plus importantes villes du monde. Découvrez 5 choses à connaître sur cette figure de proue de l’art urbain.


1 - Il a commencé à s’intéresser à l’art dès l’âge de 14 ans

Frank Shepard Fairey est né en 1970 à Charleston en Caroline du Sud. En 1984, il se met à dessiner pour personnaliser des t-shirts et des planches de skateboard.

En 1992, il obtient un diplôme à la Rhode Island School of Design (RISD). Shepard Fairey est très inspiré par des artistes comme Andy Warhol, Alexander Rodtchenko, Diego Rivera, Robbie Conal et Barbara Kruger.


2 - Il a lancé sa carrière en s’inspirant d’un catcheur français

En 1989, le destin de Shepard Fairey a basculé lorsqu’un ami lui demande de lui expliquer comment réaliser des pochoirs. Pour lui montrer, il se saisit d’un journal et tombe sur une photo du catcheur français André le Géant, il décide d’utiliser celle-ci pour lui montrer la marche à suivre et voici le résultat :

André Roussimoff était un géant de 2,24 mètres. Natif de Grenoble, il est à ce jour l’unique français à avoir été champion du monde de catch.

Sur cette œuvre, on peut y lire "André the Giant has a posse", ce qui signifie littéralement : "André le Géant a une bande de potes"

Cette création étonnante rencontre un franc succès. Shepard Fairey décide rapidement d’en refaire une, plus simple et épurée, le logo de Obey Giant est né.

Par la suite, Shepard Fairey et ses amis placardent ce portrait sur de nombreux murs.

Dans les années 1990, il crée une marque de vêtements qui fait rapidement fureur dans la communauté du skate et qui est aujourd'hui mondialement connue, bien au-delà des frontières du monde de la glisse et du street art.


3 - Son pseudonyme Obey est tiré d’un film

À l'inverse de Banksy ou des Daft Punk, Shepard Fairey ne cache pas son identité. Son pseudonyme Obey est tiré d’un film à petit budget réalisé en 1988 par John Carpenter : Invasion Los Angeles. Ce film est une fiction qui raconte l’invasion de la terre par des extraterrestres, il est considéré comme culte aux Etats-Unis. Dans ce film, des messages adressés aux humains sont visibles un peu partout dans la ville de Los Angeles.

Le nom "Obey" que l’on peut traduire en français par "obéis" a retenu l’attention de l’artiste lorsqu’il l’a vu apparaître en lettres capitales au cours du film.

Obey dans le film Invasion Los Angeles

Obey est un nom que l’artiste utilise pleinement puisqu’il aborde notamment les thèmes de l’obéissance et de la soumission dans nos sociétés : "Les gens se soumettent, se conforment et ne se posent pas de questions par rapport aux règles tacites de la société. Quand on leur dit d’obéir, ils sont obligés de réfléchir à quoi ils veulent bien se soumettre. C’est donc un moyen d’encourager les gens à plus réfléchir et à analyser les choses".


4 - Il met son art au service de la politique

Shepard Fairey est sans conteste l’un des artistes urbains les plus influents au monde. Il a toujours souhaité donner une dimension politique à son travail : "J’appelle mon art de la propagande car je pense que tout art qui défend des objectifs précis contient des éléments de propagande. Il existe une différence entre la propagande dans le sens sinistre du terme, qui veut avoir le dernier mot dans une conversation et l’art qui a pour but d’ouvrir une conversation !".

En 2008, l’artiste crée Hope, l’affiche de campagne de Barack Obama. Une fois élu, le Président des Etats-Unis l’a remercié : "Je veux vous remercier d'avoir utilisé votre talent au service de ma campagne. Vos messages politiques ont encouragé les Américains à croire qu'ils pouvaient changer le statu quo. Vos images ont un effet profond sur les gens, qu'elles soient vues dans une galerie ou sur un panneau indicateur.".

Hope de Shepard Fairey

En 2017, lors du mandat de Donald Trump, le street artiste a lancé une nouvelle campagne d'affiches : We The People. Cette série d'œuvres avait pour mission de réunir un peuple américain divisé.

Depuis 2017, une œuvre de Shepard Fairey est accrochée dans le bureau présidentiel d’Emmanuel Macron. Il s’agit du tableau Liberté, Égalité, Fraternité. En 2019, le Président Macron a même reçu l’artiste à l'Elysée.

Emmanuel Macron et l'œuvre de Shepard Fairey sur TF1

Voici ce que l’artiste disait lors de sa rencontre avec le Président français : "Je l’ai faite comme marque de soutien à la France après les attentats du 13 novembre. "Liberté, Egalité, Fraternité" a plus été faite pour le peuple français que pour n’importe quel politicien, alors j’espère qu’il incarne cette idée, qu’il s’agit d’un symbole pour faire le bien pour tout le monde, tous les citoyens.".


5 - Il a dessiné une pochette d’album pour les Black Eyed Peas

En 2003, Shepard Fairey a lancé "Number One", son propre studio de design avec sa femme. En 2005, il réalise la pochette de l’album Monkey Business des Black Eyed Peas. Un album vendu à plus de 10 millions d'exemplaires !

Monkey Business des Black Eyed Peas

Shepard Fairey n’est donc pas seulement engagé politiquement, il s’engage aussi pour la musique et les arts en général.