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Le soir où Vincent van Gogh s'est coupé l'oreille

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By Thibault de Watrigant4 min
27/12/19

Anecdote connue des amateurs d’art, ce geste est toujours incompris pour beaucoup d’entre nous. Le peintre maudit s’est bien coupé le lob de son oreille gauche un soir de 1888, comment en est-il arrivé à cet acte malheureux ? 


Un dimanche soir pas comme les autres 

Le 23 décembre 1888 fut une journée pluvieuse sur la ville d’Arles, Vincent van Gogh reçoit une lettre de la main de son frère Théo, ce dernier lui annonce qu’il va bientôt se fiancer, le peintre prend très mal cette nouvelle, son frère étant son seul soutien moral et financier. En conséquence, Vincent se sent immédiatement trahit par son frère. Par ailleurs, Paul Gauguin, qui cohabite avec Vincent à Arles, ne dormira pas à la maison jaune ce soir. Il ne supporte plus les conflits avec le peintre, et décide le lendemain matin de s’échapper vers Paris.  


Vincent van Gogh, le génie mal-aimé ? 

En ce triste jour de décembre 1888, le peintre pense avoir perdu deux personnes essentielles dans sa vie, son frère et son ami Gauguin. Le peintre que l’on peut qualifier de maudit passe alors sa soirée dans sa maison, jusqu’à arriver à se trancher un morceau d’oreille face à son miroir. 

L’arme du crime ? Un simple rasoir, le sang coule à flots, en guise d’éponge, le peintre utilise ses propres draps, puis sort de chez lui pour se rendre dans un bordel appelé la « maison de tolérance n°1 ». Il demande alors une dénommée « Rachel », il lui donne son lobe d’oreille enveloppé dans un simple papier journal. La pauvre jeune fille tombe immédiatement dans les pommes à la vue de ce morceau de chair. Par la suite, on a appris que Rachel, s’appelait en fait Bernadette et qu’elle était la femme de ménage de cette maison de passe. Cet exemple de mutilation est unique, à l’image de l’artiste hollandais. 


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Un geste sans incidence ?  

Certains historiens lient ce geste au fait que le peintre avait souhaité devenir pasteur, cet acte serait « une posture christique » adoptée par l’artiste, en offrant un morceau de son corps à cette jeune femme. Suite à cet acte incompréhensible d’automutilation, Vincent passe son noël dans un hôpital. Une dizaine de jours plus tard, il regagne la maison jaune. Le passage d’une lettre écrite à son frère nous éclaire sur son geste : « Je t’assure que quelques jours à l'hôpital étaient très intéressants et on apprend peut-être à vivre des malades. J’espère que je n’ai eu qu’une simple toquade d’artiste, et puis beaucoup de fièvre à la suite d’une perte de sang très considérable, une artère ayant été coupée, mais l’appétit m’est revenu immédiatement, la digestion va bien et le sang se refait de jour en jour, et ainsi de jour en jour, la sérénité me revient pour la tête. Je te prie donc d’oublier de parti pris délibéré ton triste voyage et ma maladie. », retrouvez la lettre dans son intégralité en suivant ce lien.

Dix-huit mois plus tard, le peintre ira malheureusement plus loin, il se suicidera à l’aide d’un revolver au milieu d’un champ, d'une balle dans la poitrine. Comme pour son oreille coupée, Vincent trouvera la force de marcher jusqu’à son auberge. Il y mourra deux jours plus tard avec son frère à son chevet. 


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